Real

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Real : 5/10
BH : 7/10, BMS : 8 /10, EP : 5/10

L’histoire : la science permet maintenant de rentrer dans l’inconscient.
Le but ici, est comprendre et résoudre les problèmes intérieurs qui peuvent emprisonner un individu dans le coma.
Le film, au travers d’une enquête menée avec délicatesse et précision en mélangeant réalité et fantastique/horreur révèlera
(*Spoil : des traumatismes liés à l’enfance)

Assez vite, on constate que Kurosawa se débarrasse partiellement des postulats scientifiques et psychologiques déjà vus mille fois pour explorer ces quelques thèmes palpables dans le reste de sa filmo :

L’individu dans un japon écrasé par le poids de l’héritage culturel.

Mon analyse, c’est que pour Kyoshi Kurosawa, être japonais, c’est appartenir à une société mysogyne, renfermée sur elle même, qui n’évolue plus qu’à travers la technologie et ne semble proposer d’avenir que dans la réussite et l’avancement professionnel.
On en revient donc toujours au traumatisme du désastre atomique qui à redéfini la mentalité d’un pays en accouplant  héritage culturel et complexe d’infériorité par rapport à l’occident et dont la conséquence est de supprimer toute volonté personnelle aux dépends de la réussite nationale.

Real A

Ainsi, comme dans l’ensemble de sa filmo, morosité et dépression sont le moteur caché de ses intrigues, chaque protagoniste se définit par son degré de résistance au désastre que constitue l’existence dans le japon contemporain, et perçoit les autres comme l’ombre d’eux même, et dans le pire des cas, applique cette vision à lui même. Les femmes sont évidemment toujours les plus affectées par cet enfer : ce discours passe par elles, et leur vision des hommes est celle de pantins dont le marionnettiste serait le fameux héritage culturel : des bouffons, soit neutres, sadiques ou soumis, toujours dénués de personnalité.

Un film de Kurosawa Kyoshi, c’est donc toujours cette ambiance, froide et angoissante, ces personnages féminins forts ou faibles écrasés par la mentalité d’une société mysogyne, un certain talent cinématographique qui mixe habileté poly-genre, et enfin l’esquisse du japon contemporain via un traitement très personnel.

Dans le cas de Real, l’écueil (énorme) se pose lorsque ce passionnant traitement se retrouve parasité par une volonté trop superficielle de rendre au matériau filmique sa dimension de divertissement – probablement lié à des questions de production.
Le film y perd sa substance en l’espace d’une spectaculaire mais hors-sujet demi heure finale, et redevient un produit lambda ou l’histoire, le suspens et la mise en valeur des effets spéciaux prime sur l’atmosphère dégueulasse et la critique sociale acide qui avaient été proposés jusque là. Dommage.

* Spoil : Sélectionner le texte entre parenthèses pour voir apparaître le texte caché

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Real , de Kyoshi Kurosawa sortie le 26 mars 2014

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3 réponses à “Real

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