Ida

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L’histoire : Anna, une future nonne, est sommée par sa supérieure de se rapprocher de sa famille avant de prononcer ses vœux. Sa tante, Wanda, en est la dernière représentante… Celle-ci lui révélera ses origines juives, et l’incitera au voyage en tandem vers le souvenir de ses parents disparus pendant la guerre et peut-être aussi vers la découverte d’elle même.

La première chose qui frappe en découvrant le film (en salle, de préférence), c’est le format de son image, le même que dans le Grand Budapest Hotel.
Le format 1.37 propose donc une image plus carrée qu’allongée que le réalisateur utilise singulièrement : dans ces magnifiques images en noir & blanc, la ligne d’horizon est souvent située au centre de l’image, voir au tiers inférieur, et non plus au tiers supérieur.
Les personnages sont du coup, « poussés » vers un coin de l’écran ; cette grammaire esthétique est immédiatement dérangeante car inédite. Elle donne une impression de voir une peinture vivante, magnifique mais froide, car les protagonistes n’y sont plus au centre.

Pourtant, il ne faut pas se fier à cette première impression de chef d’oeuvre visuel inaccessible. Car au travers de ses sujet (le devoir de mémoire, la découverte de soi), Pawel Pawlikowski nous livre 2 portraits de femmes saisissants, ou la chaude et forte Wanda s’oppose au début à la mutique et froide Anna, pour réussir à la contaminer, jusqu’à ce qu’il ne s’agisse plus que d’Ida.
L’actrice qui interprète Anna/Ida est, au delà de sa beauté, très mystique, très étrange, impressionnante.

Selon moi, ce film provoque une vrai émotion à cause de sa façon de filmer les contrastes : ceux, visuels, entre le noir et le blanc, le ciel gris et les paysages sombres, cette lumière mystérieuse qui illumine des endroits qui laissent peu de place aux personnages.
Tout cela provoque une étrange sensation d’étouffement par la beauté, dont l’analogie humaine est représentée par les deux femmes et leur enquête pleine de surprises. Elles naviguent entre une Pologne rongée par le souvenir de la guerre – surtout les exactions des catholiques sur les juifs, les questionnements idéologiques et existentiels – la foi comme solution, les sentiments – quels qu’ils soient..

Finalement, la caméra se place au milieu de tout ça, comme une nuance de  gris entre clair et sombre, sans juger, uniquement illustrative. La symétrie bizarre avec laquelle sont premièrement composés les différents plans du film se décale petit à petit en même temps que nous évoluons avec Ida vers les découvertes de ses origines et de sa propre sensualité, pour finir par redonner au film un aspect presque normal sur l’écran de cinéma, et la chaleur que l’on pensait absente

Ainsi, l’effusion finale est la touchante conclusion d’un chemin vers la (re)naissance. D’un film captivant par d’abord son esthétique, puis progressivement dans l’émotion grâce au sourire intérieur d’une Femme magnifique.

Ida : 7/10
BH : 7/10, BMS : 9/10, EP : 7/10

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Une réponse à “Ida

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