Her

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Théodore Twombly est un nègre du trivial. Son job consiste à écrire différentes sortes de lettres pour différentes sortes de gens, en fonction des quelques infos qu’il a sur la personnalité de ces interlocuteurs inconnus. Il vit seul, suite à une rupture, dans une L.A. du futur ou justement, on vient de créer une Operating System (O.S.) Intelligente, qui au delà de servir de secrétaire, peut comprendre les besoins de chacun…

Cet avenir décrit dans Her appartient à cette race de futurs si peu différents de notre présent en cela qu’ils extrapolent, non pas la technologie, mais un sentiment – qui du coup, trouve en la technologie, une raison d’exister. Peur de l’extinction dans Les Fils de l’Homme, Peur du vieillissement dans Never Let Me Go… Ici, c’est la peur de la solitude qui se matérialise en la création d’une nouvelle I.A.(Intelligence Artificielle) et motive l’existence de cette L.A. futuriste qui semble avoir exterminé toute forme de danger, pour obtenir un monde parfait ou l’individu ne communique plus que par technologies interposées, et ou le fantasme est la seule manière de prendre des risques (en ce qui concerne notre héros en tous cas). Visuellement, cette Los Angeles, est un mix entre Tokyo et Hong Kong, une tentaculaire ville High tech ou le métro s’arrête au pied des montagnes ou devant la mer, perpétuellement brillante car constituées de vitreux gratte-ciels.

Cet univers consistant fourmille de détails qui le rendent crédible. Sa grande réussite reste toutefois, de conserver ce monde si précis à l’état de décor, de toujours privilégier l’histoire d’amour à l’exploitation science fictionnelle de ce futur.

Her n’est donc pas un film de science fiction, mais bien une Love-Story ancrée dans un univers futuriste riche, dépeint avec précision.

Cette Love Story concerne Theodore et Samantha. Le premier est donc un être humain profondément seul qui exprime ses sentiments par son travail, et se divertit avec des loisirs impersonnels (jeux vidéo sans but, Chat sexuel one-shot avec des inconnues). Tout ça pour éviter tout engagement suite à une rupture difficile, mais pourtant pas insurmontable. Samantha, elle, est… une intelligence artificielle d’un genre nouveau dont l’utilité première est d’organiser la vie d’untel en comprenant ses besoins, mais qui devient bien plus du fait de son intelligence. Cette OS est interprétée par Scarlett Johansson ; sa voix, pourtant plus que sexy, n’aurait pas tant d’impact si ce n’était les dialogues de dingue qui l’animent. Entre inévitable réflexion métaphysique, et découverte du sens des sens, une impressionnante palette d’émotions se dévoile au fur et à mesure, et réussit à donner a une voix d’ordinateur de la vie et de la personnalité, avec subtilité et délicatesse. Joaquin Phoenix est également surprenant. Qui l’a vu dans ses rôles récent, aura noté sa propension au personnages « bigger than Life », au cabotinage et à l’exacerbation. Quel plaisir, du coup de le voir si sobre et, à part deux ou trois mimiques hors sujet, il arrive à rendre Theodore COMMUN. D’ou une identification instantanée, et une immersion dans l’intimité de ce couple. Si linéaire soit-elle (Spoil*: Rencontre, apprivoisement, First date/first sex, bien-être, jalousie, déception, désillusion, rupture. Romcom typique quoi. ), La relation entre Ted et Sam fonctionne, car elle prend son temps.

Elle prend le temps de nous immerger, de nous envelopper, devenir intime, de faire appel à TOUS nos souvenirs de romcom, ainsi qu’ à nos souvenirs personnels, pour la définir. Elle arrive même à recréer le suspens de la peur dans le couple. Peu de films ont réussi cet exploit et je ne pensais pas que Spike Jonze y parviendrait.

J’étais pas tant fan du bonhomme : autant j’ai adoré tous ses films, autant je le compare toujours à Michel Gondry : De l’époque ou ils étaient encore clippeurs, Gondry réussissait à donner de la personnalité à ses clips en fourmillant d’idées visuelles et scénaristiques, la ou Spike Jonze se « contentait » de développer au maximum, UNE idée géniale. Exceptés les films scénarisés par Charlie Kaufman, chacun a trouvé son ton et finalement Spike Jonze s’en sort bien mieux que Gondry, dans le long métrage. Pour moi, le vrai talent de Spike Jonze, est de savoir s’entourer, et d’associer différents talents ensemble pour un résultat sans personnalité, mais réussi. Idem donc, pour Her. Spike Jonze, à la réalisation + l’écriture, Owen Pallett & Karen O à la musique, pour un score qui s’intègre dans cet univers futuriste grâce à ces doux sons et musiques toujours familiers, Hoyt van Hoytema pour une lumineuse photo, plus tous les techniciens / producteurs et enfin acteurs, tous très bons.. Sauf que cette fois, Spike Jonze est seul à l’écriture, et cela change tout. Parce qu’il y a mis de son vécu. Il donne clairement à voir plus que le gamin Hype qui fait des films « cool » depuis 15 ans. Il devient un de ces réalisateurs (Allen, LinklHAwPy**…) qui exorcise ses démons sentimentaux sur pellicule.

Her, de Spike Jonze : 8/10 BH : 8/10, BMS : 8/10, EP : 8/10

 

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* : Pour afficher le spoil, sélectionne avec ta souris le texte entre les parenthèse ** : LinklHawPy : Richard Linklater, Ethan Hawke, Julie Delpy, réalisateur / Scénariste de la quasi parfaite trilogie des Before, une histoire d’amour en trois temps à neuf ans (temps réel) d’intervalle.

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Une réponse à “Her

  1. Pingback: Index des films, par note | Les Films de Georgeslechameau·

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