Beaucoup de Bruit pour Rien

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Whedon meets Shakespeare

Soit l’histoire de Claudio qui kiffe Hero, qui est la fille de Leonato, pote avec Don Pedro, qui est le B.O.S.S., mais sert aussi d’intermédiaire amoureux entre les deux premiers. Y’a aussi Dobgerry un  securigarde complètement con. Puis y’a Benedick qui se la raconte champion du monde toutes catégories, et Beatrice qui pouvait pas se le dicave avant que DP, Leo et Claudio ne s’en mêlent, et surtout, avant que Don John et son sous-fifre ne viennent foutre la merde dans tout ça… Bref.
C’est beaucoup de bruit pour rien.

Je pense qu’il est important de faire un petit retour en arrière pour comprendre et kiffer ce film :

Avant le carton mondial d’Avengers (1.5 milliards de $ quand même), il y a Joss whedon le showrunner, et ces séries cultes que sont Buffy ou Firefly.

Firefly par exemple.

C’était les aventures d’une bande de mercenaires, mettant constamment à l’épreuve leur morale mais jamais leur honneur et qui évoluaient dans un univers riche, dense, cohérent et vivant : une mythologie que Whedon a réussi à développer en 13 épisodes, et dont l’épilogue/film Serenity est le climax.

C’était également un casting hétéroclite mené par un Nathan Fillion impérial, personnage pince sans rire, très Clint « Blondin » Eastwood. Un équipage très complémentaire, où l’histoire de chacun amenait à une vision chaque fois différente de l’univers de la série.

C’était enfin de très bons dialogues, qui possédaient toujours plusieurs niveaux de lectures : un frontal, classique, fun. Puis, entre les lignes , on découvrait assez finement toute la profondeur de cet univers. A la fois dans les traits de personnalité et le vécu que nos héros tentaient de masquer, mais aussi dans le sous texte politique, où guerre et conflits d’intérêts régissent une galaxie tentaculaire ou chacun essaie de profiter d’un contexte diplomatique plus ou moins propice à l’enrichissement.

Cerise sur le gâteau : la mise en scène proposait moult morceaux de bravoure par épisode, ménageait un rythme à la fois télévisuel car il laissait le temps au personnages d’évoluer, et cinématographique car assurant le spectacle un avec un dosage du suspens au top.

Bref. Une série dont la complexité et la profondeur ont probablement causé sa perte, car en dehors de quelques fans absolus, elle n’a jamais trouvé son public.
Joss Whedon livra tout de même un épisode final dément, qui aboutissait toutes les intrigues entamées et proposait même, scénaristiquement, encore plus de contenu.

Les défaut de cette série demeuraient les effets spéciaux bien lo-fi, dus sans doute au manque de budget, et peut-être aussi ce coté Cowboy Bebop qui atténuait le génie de Whedon.

Firefly, c’est l’ADN de Beaucoup de bruit pour rien.

Son dernier film reprend les bases de la série : budget réduit – par choix je suppose, dialogues au top, univers riche bien que réduit au hors champ, intrigue à tiroirs, personnages complexes, humour.
Le texte est de Shakespeare, bien sur, mais cette adaptation, c’est du pur Whedon.

Pour appuyer le texte, Whedon amène dans chaque plan ou presque, une touche d’humour purement visuelle. Il redouble d’ingéniosité pour  toujours trouver l’objet hors sujet, l’attitude rigolote, le haussement de sourcil fun. Ainsi il parvient constamment à relancer l’efficacité comique, au dépens de la dramaturgie inhérente à la pièce de Shakespeare. La baraque énorme ou se passent les évènement est aussi très théâtrale. Les entrées et sorties des personnages, scéniques. L’espace est complètement maîtrisé, chaque pièce se définissant par un évènement, un état d’esprit. Quasiment comme le vaisseau hub de Firefly, la bibliothèque de Buffy.

Chaque personnage incarne un sentiment pur, derrière lequel se cache une facette insoupçonnée. Claudio le noble, accessoirement très jaloux; Benedict le fier, pourtant sentimentalement fragile, etc. Un procédé assez facile mais qui, au milieu d’une intrigue aussi alambiquée, est matière à suspens et à rebondissements. Comme la plupart des personnages imaginés par Mr Whedon, Avengers compris.

L’histoire par contre, est difficilement critiquable. C’est du Shakespeare rigolo sans morts quoi.

Au final, à travers la pièce de Shakespeare, un film fan service peu accessible mais plein de surprises pour celui qui possède les clés de l’univers de Joss Whedon.

Beaucoup de Bruit pour Rien : 7/10
BH : 9/10, BMS : 7/10, EP : 5/10

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Une réponse à “Beaucoup de Bruit pour Rien

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