La Vénus à la Fourrure

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La venus a la fourrure

Je n’ai pas aimé.

Ou plutôt, certains aspects du film m’ont empêché de l’apprécier.
Je trouve que c’est un film intelligent et introspectif, qui possède plusieurs niveaux de lecture, en fonction de son attachement à l’univers de Polanski : On rentre dans un huis-clos animé par seulement deux personnages, et tout le talent de metteur en scène de Polanski permet de maintenir un rythme très enlevé.

Le film condense certains de ses thèmes favoris et est un aboutissement en termes d’exploitation de l’univers scénique. De Carnage au Locataire en passant par Tess ou la Jeune Fille et la Mort… Rapports Femme/Homme, domination/soumission, déconstruction d’un univers formé de certitudes, et manipulation, évidemment. Du pur Polanski en somme.

Et les personnages alors ?
Lui, est un metteur en scène clairement alter égo de Polanski, (l’homme, et/ou le réalisateur ?) qui décide d’adapter un livre de Sacher-Masoch dont le thème est forcément la soumission(et la domination). Hors, cette adaptation n’est qu’un prétexte pour s’auto-analyser, régler ses problèmes psychologiques à travers la mise en image de ses traumas d’enfances. Sauf que ce résultat n’est possible qu’en exerçant une forme de perversion envers l’actrice qu’il caste pour le rôle de Vanda.
Ce postulat au combien intéressant est très bien développé : quelle est la part de Polanski dans ce personnage ?
Les différentes phases par lesquelles passent celui-ci, entre domination et soumission sont également passionnantes à observer.
Idem pour le personnage de Vanda, ambigu à souhait. Quelles sont ses motivations ? qui est elle vraiment ? On ne le saura jamais vraiment et c’est très bien comme ça. Incarne t’elle l’exacte réplique du personnage de Sacher-Masoch, ou un double de toutes les femmes de Polanski: un mélange des personnages de ses autres films et des femmes de sa « vraie » vie. Tout cela à la fois ? Les interaction entre ces deux là sont à chaque scène plus poussées. Elles permettent de pénétrer petit à petit dans sa psyché à lui, et à l’inverse instille le doute vis-à-vis d’elle, rend son personnage de plus en plus trouble, imprévisible et génial.

Non, tout était là pour que j’adore ce film, tout, sauf ses interprètes.

Ce que je reproche d’abord à Amalric, ce n’est pas de mal jouer. Au contraire, son jeu est parfait. Seulement sa palette d’acteur à montré toutes ses facettes depuis longtemps, et qui le connaît bien, ne sera pas surpris de voir les même mimiques, les mêmes tonalités, pour la vingtième fois, La complexité et la versatilité de son personnage lui permettent néanmoins, d’éviter de justesse l’auto-parodie.

Le problème lorsqu’on ne connecte pas avec les protagonistes d’une histoire, c’est le risque de rater l’immersion dans le film. Dans mon cas, celle-ci ne s’est jamais produite.

Je l’ai perdue dès les premières minutes, dès l’apparition de Vanda en fait(2ème Minute).
Les limites de l’interprétation d’Emmanuelle Seigner obstruent toutes les possibilités proposées par son personnage. Rah quel dommage ! Elle donne tout pourtant, c’est même probablement le rôle de sa vie, mais la communion avec le spectateur ne se fait jamais. Elle est exécrable de sur-jeu quand elle imite la fille populaire, plus convaincante mais toutefois ridicule lorsqu’elle « interprète » Vanda. Quant à la scène finale, elle y atteint le summum de l’affligeant.
Elle à réussi à m’empêcher de rentrer dans le film. Je me suis senti déconnecté dès sa première réplique, et il m’a fallu surpasser mon dégoût de l’entendre jouer faux ainsi que toute mon objectivité pour réussir à chercher au-delà de cet aspect « superficiel », les vrais propos du film.

Bref. Vous l’aurez compris, cet avis est complètement subjectif.

C’est, je suppose, la différence entre une vision de spectateur et un avis critique. Mon objectivité m’assure que le film est génial, tant il propose d’éléments réussis et stimulants, Tandis que mon ressenti domine, et reste bloqué sur la déception liée à une interprétation que j’ai trouvé ratée.

La Vénus à la Fourrure : 6/10
BH : 8/10, BMS 7/10, EP 4/10

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3 réponses à “La Vénus à la Fourrure

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